Bac+5 : quand la course au diplôme ne garantit pas forcément sens et épanouissement professionnel

Depuis quelques jours, impossible de passer à côté : les médias s’interrogent de plus en plus sur le bac +5. Articles, chroniques, témoignages… partout, le même constat revient : toujours plus de diplômés, mais pas forcément plus de personnes épanouies dans leur travail.

Le bac +5, longtemps présenté comme le sésame ultime vers la réussite professionnelle, semble aujourd’hui perdre de sa magie. Diplôme en poche, certains entrent dans la vie active avec un sentiment étrange : celui d’avoir “bien fait les choses”… sans vraiment savoir si elles leur correspondent.

Alors, faut-il encore courir après le bac +5 ?
Est-ce le diplôme qui pose problème, ou la manière dont on pense l’orientation depuis des années ?

C’est cette question que j’ai eu envie d’explorer ici.

Le mythe du “bac +5 = réussite”

Dans l’imaginaire collectif, le bac +5 reste associé à :

  • une sécurité professionnelle,
  • un statut social valorisé,
  • un accès à des emplois intéressants et bien rémunérés.

Ce modèle a longtemps fonctionné — et continue de fonctionner pour certains.
Mais il repose sur une idée implicite : plus on accumule de diplômes, plus on maximise ses chances de réussir… et d’être heureux dans son travail.

Or, la réussite professionnelle ne se résume pas à un niveau d’études.
Et surtout, le diplôme ne dit rien du rapport au travail, au sens, à l’envie ou à la motivation.

Une massification des diplômes… et une concurrence accrue

Ces dernières années, le nombre de diplômés de niveau bac +5 a fortement augmenté.
Faire un master est devenu presque “la norme” dans certains parcours.

Conséquence :

  • plus de concurrence sur le marché du travail,
  • des attentes élevées côté recruteurs,
  • et parfois des postes qui ne correspondent ni au niveau d’études, ni aux aspirations profondes.

Beaucoup de jeunes diplômés acceptent alors :

  • un emploi “par défaut”,
  • un poste éloigné de ce qu’ils imaginaient,
  • ou un travail qui ne fait pas sens, mais qui “rassure”

Le diplôme ouvre des portes, oui. Mais il ne garantit pas que la pièce derrière la porte nous corresponde.

Beaucoup de diplômés… et beaucoup de désillusions

Ce que l’on entend de plus en plus, ce ne sont pas seulement des difficultés à trouver un emploi. C’est surtout ce genre de phrases :

“Je ne me reconnais pas dans mon travail.”
“Je pensais que ça irait mieux une fois diplômé.”
“J’ai tout fait comme il fallait… mais je me sens à côté.”

Après plusieurs années d’études, certains se retrouvent :

  • dans un poste “acceptable” mais vide de sens,
  • dans un environnement qui ne leur ressemble pas,
  • ou déjà en train de penser à une reconversion… parfois avant même d’avoir commencé.

Et non, ce n’est pas un manque de motivation. C’est souvent le symptôme d’un projet construit sans véritable réflexion sur soi.

Le vrai problème : on a confondu diplôme et orientation

On a longtemps pensé l’orientation comme une course au niveau d’études.
Plus c’est long, plus c’est sûr. Plus c’est prestigieux, mieux c’est.

Sauf que :

  • un diplôme valide un parcours académique,
  • pas un rapport au travail,
  • ni une motivation,
  • ni un épanouissement.

On peut être compétent et profondément démotivé.
On peut réussir “sur le papier” et s’ennuyer ferme.
On peut aimer apprendre… mais pas le métier auquel cela mène.

Le diplôme n’est pas le problème. Le problème, c’est quand il devient une fin en soi.

Et si on changeait de boussole ?

Plutôt que de se demander « jusqu’où aller dans les études ? », et si on se demandait :

  • Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ?
  • Dans quel type d’environnement je me sens bien ?
  • Qu’est-ce que je veux apporter, concrètement ?
  • À quoi j’ai envie que mes journées ressemblent ?

L’orientation ne se résume pas à un choix à 18 ou 22 ans. C’est un processus vivant, qui évolue avec l’expérience, les prises de conscience, les essais… et parfois les déceptions.

Ces questions sont rarement abordées pendant le parcours scolaire ou universitaire. Pourtant, elles sont souvent la clé pour construire un projet professionnel durable.

C’est précisément ce que permet d’explorer un bilan de motivation SISEM : prendre le temps de comprendre ce qui nous met réellement en mouvement, au-delà du CV, des diplômes ou des attentes extérieures.

Dans mes accompagnements, j’utilise notamment la méthode SISEM qui aide à identifier et hiérarchiser ses moteurs de motivation, afin de retrouver des pistes professionnelles plus alignées avec soi.

Si ces questions résonnent pour vous, peut-être est-ce simplement le bon moment de prendre ce temps de réflexion.

Remettre l’humain au centre (enfin)

Parler de la course au diplôme, ce n’est pas dire “les études ne servent à rien”.
C’est dire qu’elles ne suffisent pas.

Un bac +5 peut être un formidable levier, s’il est au service d’un projet qui a du sens  pour la personne. Il devient un poids quand il est choisi :

  • par peur,
  • par pression,
  • ou pour “ne pas fermer de portes”.

A travers TALENT Roots, je suis convaincue d’une chose :
Une orientation durable commence par la connaissance de soi.

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